février 2, 2016 Nouvelles Pas de commentaire

J’ai eu l’immense privilège d’avoir une maman qui est resté à la maison pour s’occuper de ses enfants étant plus jeune. Une mère joviale, travaillante, qui se peignait et se maquillait à son réveil pour tartiner les toasts de son mari et qui nous escortait jusqu’à notre départ pour l’école. Après les “Allez! Dépêchez-vous! Vous allez manquer l’autobus” ou encore les “T’es sûre que t’as prit ton lunch?!”, la maison redevenait “ses appartements” et elle y retournait avec le désir de faire une “belle journée” avant le retour de sa marmaille. Entre le ménage, le lavage et les chaudrons, je pouvais retrouver ma mère…

Dorothée Lessard ma mère

C’est avec un peu plus de sagesse que je suis capable aujourd’hui d’apprécier le trésor que ma mère m’aura laissé. Celui de cuisiner! J’ai des odeurs extraordinaires gravées dans ma mémoire olfactive! Quel bonheur je ressentais lorsque je revenais de l’école et qu’en ouvrant la porte, je pouvais découvrir les effluves de pâtisseries, de bonne soupe aux légumes, de sauce à spaghetti ou encore, ses côtelettes de porc à l’espagnol!! C’est avec l’air enjoué qu’elle nous accueillait en nous demandant comment s’était passé notre journée et nous rétorquions comme à chaque soir “Miam! C’est quoi qu’on mange?!”

Si vous questionnez ma mère, elle vous dira qu’elle me m’a pas appris à cuisiner. Que je l’ai appris toute seule, avec mon style, et qu’elle aimait par dessus tout lorsque je cuisinais pour elle. “T’arrives toujours avec des goûts et des ingrédients différents aux miens” qu’elle me disait. “Moi je cuisine à l’ancienne, toi tes goûts sont plus raffinés”. En fait, c’est qu’à travers ma cuisine, je laissais parler mes propres goûts, l’inspiration du moment avec les “tous s’qui”, et la créativité. Au yiable le livre de recettes et les quantités précises, laissez-moi expérimenter!
Aujourd’hui, vivant comme tout le monde dans une vie un peu folle partagée entre le travail, la maison, les enfants et tout ce qui rime avec, j’ai réussi à conserver mon amour et ma passion pour la cuisine. J’aime me retrouver dans ma cuisine à préparer des nouveautés ou des bons vieux classiques! La cuisine me permet de m’évader… C’est comme un anti-dépresseur, une valve qui permet à la pression d’évacuer… C’est aussi mon moteur créateur qui s’exprime. Parce que demandez-le à qui que ce soit qui partage un repas à ma table, on mange toujours d’abord avec les yeux chez-nous! Ma mère me dit “Pas besoin de faire tant de cérémonies, c’est juste nous autres!” Justement! Les gens qui partagent ma table sont les plus importants pour moi, puisque je ne fais pas juste partager un vulgaire potage, je partage tout l’amour que j’y ai mis en le préparant.

Maman de 2 jeunes ados, j’ai le sentiment d’être à mon tour entrain de léguer cet héritage. J’appelle encore ma mère pour connaître ses trucs de cannage et je m’efforce d’apporter “la santé par l’assiette” à mes enfants. Oui, on mange un peu plus bio, on encourage local, on fait des pousses, des germinations, du cru, du végé, du “porn food”! On danse avec les saveurs! Mais même si les années passent et évoluent, le désir de faire un bon repas et d’y mettre tout son amour demeure le même. Merci maman de m’avoir transmis cette passion. Maintenant, c’est moi qui reçois les messages textes en fin de journée avec les “Qu’est-ce qu’on mange pour souper?”.